G.Fauré, Sonate pour violon et piano, Op.13, No.1, Allegro Molto - S-M Degand, A. De Grolée
En 2024, nous célèbrions le centenaire de la disparition de Gabriel Fauré, l’un des plus bouleversants compositeurs français, dont l’engagement - bien plus vigoureux que son caractère discret et humble aurait pu laisser penser - a considérablement influencé le XXe siècle.
Mais c’est une naissance que nous avons voulu célébrer : celle de son premier grand chef-d’œuvre de musique de chambre, sa première sonate pour violon et piano opus 13.
Crée par son auteur le 27 janvier 1777 à la salle Pleyel avec la jeune violoniste Marie Tayau, cette sonate est bien plus moderne qu’on ne l’imagine : quasi contemporaine de Carmen, écrite 10 ans avant celle célébrissime de César Franck, elle porte déjà en elle la quintessence du génie de Gabriel Fauré. Comme son ami Marcel Proust, il y explose la phrase musicale par étirement : développements mystérieux bondissants de tons voisins en harmonies modales, toujours nimbés de cette lumière méridionale qui résiste aux ombres.
Refusée par les éditeurs français inquiets de ces longueurs et de ces couleurs peu conventionnelles, c’est Breitkopf qui éditera la sonate (en privant Fauré de ses droits au passage..) qui triomphera dès sa création en ce 27 janvier 1877.
Nous sommes au conservatoire de Paris dont Gabriel Fauré a été un mémorable directeur après y avoir formé d’illustres compositeurs, afin d'interpréter le 1er mouvement sur des instruments qui auraient pu être ceux de cette création : un Erard modèle 1840, et un Gagliano de 1756 monté tout en cordes en boyau.